Hydratation et canicule

L’exposition prolongée à la chaleur peut avoir des conséquences gravissimes chez les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes âgées fragiles et dépendantes.

Les apports naturels en eau proviennent de l’alimentation et des boissons. Le besoin d’hydratation d’une personne âgée est au moins égale à celui d’un adulte plus jeune, soit au moins 1,5L de liquide par 24h.

L’élimination se fait essentiellement par les urines, les selles, la sueur, les vomissements.

Le bilan hydrique est l’écart entre la quantité de liquide absorbée et la quantité éliminée. La déshydratation se produit quand la quantité éliminée est plus importante que la quantité absorbée.

Que faire en cas de fortes chaleurs?

Au niveau des locaux

L’habitation doit être le mieux possible isolée par rapport aux variations de température. La rafraîchir au maximum.

Le jour et/ou la nuit quand la température extérieure est supérieure à la température intérieure du local :

– maintenir fenêtres et stores/volets fermés, notamment sur les façades exposées au soleil

– ne pas s’exposer au soleil et rester en intérieur, dans des pièces fraîches et rafraichies. (Le mieux est la climatisation). Si besoin, humidifier les rideaux et/ou textiles de la pièce concernée.

– installer des ventilateurs. Il convient de rappeler que les ventilateurs ne sont utiles que si la peau des personnes exposées est humide. (Humidification artificielle ou sueur)

Le jour et/ou la nuit quand la température extérieure est plus basse que la température intérieure du local :

– ouvrir le plus possible et provoquer des courants d’air dans tout le bâtiment

– arroser les extérieurs

– pour sortir, préférer le matin tôt ou le soir tard ; rester hors des secteurs exposés et se reposer souvent dans des secteurs ombragés

Au niveau de l’habillement

Vêtements légers et amples, de couleur claire

Au niveau de l’hydratation

Boire le plus possible de liquide sans attendre d’avoir soif :

– avoir en permanence des stocks de boissons et éviter les boissons trop froides

– boire de l’eau seule peut être dangereux. (Risque d’hyponatrémie de dilution chez l’insuffisant cardiaque dont la fonction rénale est altérée) Il faut diversifier les boissons (eau, sirop, limonade, thé, chocolat, café, tisane, lait, jus de fruits, potage/bouillons/jus de légumes, coca-cola, fruits et notamment melon, pastèque, prune, raisin), et penser aux apports sous forme de glace, laitage, yogourt à boire…

– rafraichir et humidifier la peau sur le visage et les autres parties découvertes du corps par brumisateurs d’eau minérale ou vaporisateurs manuels/bombes aérosols d’eau ou appliquer des lingettes humides

– prendre des douches/bains régulièrement

– pour les personnes alitées utiliser la technique du drap humide

– humidifier la bouche : rinçages de bouche, pulvérisation d’eau, mâchonnement d’un linge humide

Au niveau de l’alimentation

A poursuivre comme d’habitude

En adaptant les menus, en augmentant les mets contenant plus d’eau (salade, courgettes, melon, pastèque), en augmentant modérément l’apport de sodium (pain, fromages, potages, préparation légèrement plus salée)

Au niveau médical et social

Surveillance accrue de la personne âgée par l’entourage proche à domicile en évitant l’isolement

– le médecin doit voir dès le début de l’épisode ses patients les plus à risques en terme de pathologies, de dépendance et de prises médicamenteuses. Il doit adapter notamment certaines prises en charge comme les médicaments diurétiques et les régimes sans sel.

– prévoir des activités calmes

– être attentif aux signes cliniques de déshydratation :

– toute diminution des apports hydriques ; toute augmentation des pertes hydriques (en particulier vomissement et diarrhée) ; altération de l’état général ; perte de poids rapide (plusieurs kilos en quelques jours) ; augmentation de la température corporelle ; baisse de la tension artérielle habituelle ; tachycardie ; pli cutané (à rechercher au niveau du sternum) ; soif et sécheresse buccale ; diminution d’émission d’urines ; malaise, chute…perte d’autonomie ; confusion …

– Alerter dès le début pour prise en charge médicale immédiate. Un diagnostic précoce et un traitement adapté permettent souvent d’éviter une hospitalisation, avec une réhydratation par voie orale rapidement efficace. Elle consiste en une augmentation de la quantité de boissons, en les diversifiant pour limiter la notion d’obligation et réintroduire la notion de plaisir, avec une quantification des entrées/sorties et une surveillance médicale très rapprochée. Si la réhydratation par voie orale n’est pas possible, le médecin proposera une réhydratation par voie parentérale, le plus souvent associée à une hospitalisation.