La iatrogénie médicamenteuse chez les personnes âgées

La iatrogénie médicamenteuse est l’ensemble des effets indésirables provoqués par les médicaments.

Ces effets indésirables sont deux fois plus fréquents et deux fois plus graves chez les personnes âgées. Chez eux, ils entrainent 10% à 20% d’hospitalisations et 3 à 5% de décès.

Pourquoi ?

Le vieillissement physiologique du corps entraine de nombreuses modifications dans l’organisme. Le rein, en particulier, fonctionne moins bien. Les médicaments mettent donc plus longtemps à être éliminés. Leurs actions sont prolongées et leurs effets souvent augmentés. Le risque de toxicité est majoré.

Les poly pathologies sont fréquentes, en particulier les maladies chroniques. Les risques sont donc plus nombreux et fréquents de déstabiliser l’ensemble du traitement médicamenteux.

La polymédication est fréquente. Sachant que certains médicaments sont inappropriés pour les personnes âgées. D’autres sont davantage à risques d’évènement indésirable, comme par exemple : les médicaments cardiovasculaires et en particulier les anticoagulants et les diurétiques ; les psychotropes et en particulier les neuroleptiques ; les médicaments contre le diabète ; les médicaments contre la douleur.

Les conséquences des évènements indésirables médicamenteux sont plus importantes : risque de chute grave, de complications en cascade, de perte d’autonomie et de baisse de la qualité de vie.

Les interactions entre les médicaments sont plus nombreuses, plus fortes et ont davantage de conséquences. Cela se produit surtout si plus de 4 médicaments différents sont pris par jour.

La iatrogénie médicamenteuse est évitable dans la majorité des cas.

Comment limiter la iatrogénie ?

Trois dérives sont à éviter :

  • Les abus de traitement
  • Les médicaments dont les risques dépassent les bénéfices
  • L’insuffisance de traitement

Quelques consignes simples pour s’en prémunir :

– Proscrire l’automédication, qui est dangereuse étant donné les risques d’interactions avec les autres médicaments déjà pris.
– Tous les médicaments doivent être prescrits par le médecin traitant.
– Le médecin traitant peut ainsi évaluer le rapport bénéfice/risque de chaque médicament, et ne prescrire que les médicaments appropriés et utiles.
– L’équipe médicale et le médecin traitant étudient à chaque fois les alternatives non médicamenteuses, notamment pour favoriser les règles hygiéno diététiques pour lutter contre l’insomnie, la constipation, la dénutrition, la déshydratation. La mise en place d’un environnement adapté à la personne âgée est indispensable, de même que la mise en place de mesures préventives, comme par exemple les vaccinations.

– Si il y a  trop de risque d’erreur dans la prise des médicaments ( mauvais horaire, double dose, forme galénique …), il faut avoir recours à une infirmière pour la prise des traitements.