Comment prévenir les chutes chez la personne âgée ?

Une chute est le fait de se retrouver involontairement sur le sol ou dans une position de niveau inférieur par rapport à sa position de départ.
La prévention des chutes permet de limiter les hospitalisations (1/3 des hospitalisations non programmées, dont la moitié avec fractures), la morbidité, la mortalité, les pathologies en cascade, la perte d’autonomie chez la personne âgée.

Facteurs de chutes : état des lieux

Facteurs de risques prédisposants de chute :
Age d’au moins 80 ans ; sexe féminin ; antécédents de fractures traumatiques ; poly médication ; troubles de l’équilibre et de la marche ; diminution de la force et/ou de la puissance musculaire des membres inférieurs ; arthrose des membres inférieurs et/ou rachis ; anomalie des pieds ; trouble de la sensibilité des membres inférieurs ; baisse de l’acuité visuelle ; syndrome dépressif ; déclin cognitif

Facteurs précipitants de chutes :
Malaise ; perte de connaissance ; hypotension orthostatique ; déficit sensitivo-moteur ; confusion mentale ; vertiges ; hyponatrémie ; hypoglycémie ; consommation excessive d’alcool ; médicaments hypoglycémiants, médicaments antihypertenseurs, médicaments diurétiques, médicaments anti arythmiques, médicaments anticoagulants, médicaments psychotropes ;  environnement défavorable (éclairage, encombrement et configuration du lieu de vie, chaussage, tenue vestimentaire)

Signes de gravité de la chute :
– Conséquences de la chute : traumatismes physiques ; impossibilité de se relever du sol et ses conséquences sur la santé ; syndrome post chute ; peur de chuter ; restriction des activités de la vie quotidienne.
– Pathologies responsables de la chute : signes de maladie aigue ; signes de décompensation aigue d’une pathologie chronique déstabilisée
– Caractère répétitif de la chute : au moins 2 chutes sur une période de 12 mois ; augmentation récente de la fréquence des chutes ; association de plus de 3 facteurs de risque de chute ; trouble de l’équilibre et de la marche
– Situations à risque de chute grave : ostéoporose ; prise de médicaments anticoagulants ; isolement social et familial

Comment prévenir les chutes ?

D’une façon générale, il faut :

– Une évaluation globale et régulière de l’état de santé du senior le médecin traitant, suivie d’une correction rapide de tous les axes modifiables (particulièrement les troubles sensoriels ; l’état des pieds ; la dénutrition ; l’hypotension orthostatique ; l’ostéoporose)

– Lutter contre la sédentarité de la personne âgée dans les actes de la vie quotidienne maintenir une activité physique régulière et adaptée à l’état de fragilité et aux facteurs de risque de chaque résident

– Prévenir l’ostéoporose en augmentant les apports de calcium et de vitamine D

– Prendre en charge efficacement la douleur avec des réévaluations régulières

– Diminuer la iatrogénie (la iatrogénie médicamenteuse désigne les effets indésirables provoqués par les médicaments) liée aux médicaments en réévaluant les traitements et les contentions physiques passives régulièrement et en favorisant les traitements non-médicamenteux.

Évaluation pluridisciplinaire régulière indispensable pour le patient

Les objectifs principaux de cette évaluation sont : d’identifier les facteurs de risque de chute (et en particulier les facteurs de risques modifiables) ; d’évaluer les risques de nouvelles chutes et les risques liés à ces chutes ; d’évaluer les besoins d’aide du sénior. Selon le résultat de l’évaluation, sera ensuite proposée une intervention multifactorielle personnalisée de prévention des chutes.
Les buts sont de réduire les risques de nouvelles chutes ; réduire les risques liés aux chutes ; corriger rapidement les facteurs de risque modifiables précédemment repérés.

Selon les besoins, peuvent intervenir :

– le psychologue
– le psychomotricien
– l’ergothérapeute pour une adaptation et une sécurisation de l’environnement, avec si besoin la mise en place d’aides techniques avec apprentissage de leur utilisation. En cas de risque avéré de chutes graves, port d’un casque, de protecteurs de hanches…
– le kinésithérapeute pour une prise en charge individuelle

L’éducation de la personne âgée et de ses aidants est indispensable à la bonne mise en œuvre de la prise en charge pluridisciplinaire.